Fishing Dreams

Posted: June 14th, 2011 | Author: A.D. | Filed under: ANTHROPOLOGIE — réflexions croisées sur un monde qui bouge, PERFORMANCE — théories et pratiques | No Comments »

fishing dreams

Ce sont les cloches de vélo que l’on entend, le bruit des passants, le son des rickshaws, la rue Indienne. La nuit, le petit vendeur de ballons fait sa recette. On ne voit pas son visage, il est perdu parmi les baudruches de plastique multicolores

Le film est un tissus de plans séquences, arrangés par collages. Bricolage, c’est une variation sur l’art brut. L’art brut pratiqué par des enfants pas si brutes que ça.

A Madurai, Issac et Kavitha Nelson ont ouvert un foyer pour les enfants des rues.

En 2007, Brigitte Revelli vient donner un atelier de marionnettes d’ombres pour les sept orphelins recueillis au Foyer.

D’une tige à l’autre, du ballon à la marionnette, la magie opère, ce ne sont plus des ballons mais des marionnettes d’ombre que les enfants tiennent à bout de bras.

On les voit coller, découper, bricoler des bras monstrueux qui s’étendent, sans fin. Des tortues, des poissons, des chats à cinq pattes. Les petites mains taillent, découpent et recoupent des formes.  Face à la lampe, à la nuit tombée, sur le toit, c’est la lanterne magique : on fait danser les ombres.

Ce sont des enfants sages. Ils chantent à l’église chaque dimanche. Ce sont des  enfants à grandes bouches, ils ont beaucoup à dire.

A l’heure du thé, ils apparaissent bien peignés devant la caméra. Dans l’attente du moment d’aller jouer dans leur chambre, ils rêvent.

Confrontés à l’écran tendu pour les marionnettes, ils découvrent leur ombre.

Ils se saluent.

Ils se jouent de l’apparition ou de la disparition.

Gency, d’un grand tour de bras, se raconte l’origine du monde. C’est une fleur qui pousse sur un tabouret.

Ratish esquisse un mouvement héroïque, il relève le col de sa chemise comme les stars du cinéma Tamoul.

Jeux de mains, jeux de doigts. Les ombres sont prétextes à l’apparition d’une chorégraphie où chaque histoire se joue dans des détails minuscules.

Un dragon, un hippocampe, un oiseau à deux têtes : c’est la valse des monstres.

C’est la fête. La curiosité l’emporte.

Les enfants font danser leurs marionnettes,

comme des fous, ils dansent, c’est une explosion de joie.


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