one week experiment

Posted: February 4th, 2011 | Author: A.D. | Filed under: CARNETS - fragments | No Comments »

le dispositif est simple

je reste dans mon lit

Depuis ma station je communique

Je reprends l’information qui m’a le plus marqué dans la presse ce mois-ci

« ils ont coupé l’internet en Egypte »

Depuis ma cellule
9m2
sans prétention
sans fenêtre
sans douche non plus

j’invite mes amis à témoigner
me raconter une histoire:
ce qu’ils veulent

je filme
on tisse du lien social
à l’intérieur

la fenêtre est celle de la caméra
que l’on pourra retransmettre par l’internet
tant qu’on ne nous l’a pas encore coupé

actrice et réalisatrice
même si je n’apparais pas à l’image, je prends la parole, comme un personnage de la mise en scène de mon propre espace modulable: studio-maison-atelier-caravane-bateau-chambre-roulotte-tipi.

Ce soir mercredi, deux amis sont venus me tenir compagnie,
un metteur en scène anthropologue
et un cinéaste

Ils m’ont apporté de quoi dîner
On a partagé du vin, du fromage, des oeufs de la salade
des fruits

On a parlé
cinéma
cowboys, Indiens…

tu te sens plutôt cowboy ou Indien ?
tu es libre
tu vis dedans ou dehors ?
tu danses la pluie ou tu travailles pour l’empire des cowboys ?

Qui est l’esclave de qui ?
Quelle est la valeur de l’échange?

Car elle est là ma question : comment on fera quand on n’aura plus internet,
plus le téléphone ?

quand on n’aura plus que les rapports humains ?

Est-ce que l’on saura encore se retrouver, pour un simple moment de partage ?

On arrête le temps
on écrit chacun une parole
on filme sans intention
on verra bien
chacun est libre de se mettre en scène

On parle un peu de cinéma
de théâtre
d’image

de poésie
de performance

Au montage
c’est certain qu’il apparaît toujours des choses
on trouvera le fil
après coup
c’est ça, la magie du cinéma
— Mélies, apparition, disparition —

Ça fait quoi si je disparais du monde pendant une semaine dans mon lit pour faire apparaître mes amis dans ma chambre ?

Et selon une intuition collective que la situation évoque
chacun raconte ses nouvelles du jour

les nouvelles de dehors
alors que moi je suis dedans
captive de ma propre volonté
par l’action restreinte de l’écriture de mon insurrection
poétique

Lumière ou pénombre?

Je dis lumière
j’ai envie de rire
ça me bouleverse les gens qui s’égorgent dans la rue
les autres qui sont jetés dehors comme de chiens

Pour protester j’invite mes amis à partager un moment de douceur réflexive
A l’intérieur où rien ne peut nous agresser

Dans la chambre,
il n’y a plus qu’à vivre
être soi
parfaitement inutiles
humains
tranquilles
en paix

Shalom


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