Cosmophanies, des ourses et des hommes

Posted: October 15th, 2019 | Author: A.D. | Filed under: ANTHROPOLOGIE — réflexions croisées sur un monde qui bouge | No Comments »

Paws, automn 2019, Romania © Little H.

Cosmophanies s’appuie sur la tradition de la danse de l’Ourse, que l’on trouve dans le conté de Piatra-Neamt en Moldavie Roumaine. Entre les danses, les ours apparaissent. Sous le mouvement de leurs peaux semblent s’agencer des millénaires de traditions narratives. Le projet de la pièce est non seulement celui de collecter les images et les sons d’archive de cette danse traditionnelle, mais de concevoir un dispositif pour une narration performative et transmédiale[1].

À partir de la programmation de capteurs de mouvement ma recherche explore l’agencement de la danse, de la musique, de la photographie et de la vidéo pour la scène comme pour un dispositif plastique. Le projet s’articule selon plusieurs phases :
1. Une part de documentation sur les paysages visuels et sonores de Moldavie (collecte, travail sur des matériaux d’archive et des textures sonores).
2. Une recherche sur des répertoires de gestes, mise en relation aux outils numériques embarqués pour la performance en temps réel (capteurs inertiels, accélérateurs, magnétomètres et algorithmes de reconnaissance de geste).
3. Une recherche musicale : écriture, composition et sound-design ;
4. Une recherche sur les techniques narratives initiées par les nouvelles capacités de la performance augmentée — relations (perceptives) générées entre geste et paysage visuel ou sonore.

Note d’intention de l’auteure chorégraphe

Au niveau abstrait, il s’agit d’une histoire de perception. L’écologie d’une manifestation de soi à travers l’exploration des paysages sonores ou visuels ; comme se manifestent des paysages à partir d’une collecte de matériaux, dont l’agencement sera le premier outil esthétique. Concernant l’usage de la technologie, l’enjeu est en outre de travailler à un outil critique, pour une approche sensible (phénoménologique et narrative) de la réalité.

Ursul : l’ours
Chacune de ses apparitions représente quelque chose à la fois du sauvage et du sacré. Sa danse met en scène les esprits de la forêt incarnés. L’histoire et l’anthropologie regorgent de cas d’étude de cultes ou de danses de l’ours (cf : Mythes et Légendes de l’ours, Roger Maudhuy).

Déjà dans la grotte Chauvet, l’ourse est particulièrement présente. Il ne fait aucun doute que depuis des millénaires, des ours ont occupé la grotte pour hiverner. En outre des peintures d’ours, vieilles de 36 000 ans, des os ont été retrouvés, coincés dans les fissures des parois. Des crânes ont également été découverts, laissés sans dent.

Ailleurs, dans la tradition amérindienne, l’ours est un animal totem, tandis que dressé sur deux pattes, il est le seul animal à se tenir debout comme un homme pour marcher.

Les griffes d’ours en Chine sont régulièrement collectées relativement aux « pouvoirs » chamaniques qu’ils délivreraient.

Entre les murs
Alors que Marielle Macé dit du monde qu’il s’abîme, autant que les oiseaux se taisent comme ils se meurent[1], il me semble que les traditions de mise en présence des esprits de la forêt, à travers diverses traditions rituelles telle la danse de l’ours, renforcent notre capacité à révéler la part de nature sauvage, qui gît, comme anesthésiée au sein de nos cultures et civilisations.

La danse de l’ourse se présente à moi d’autre part, telle l’illustration d’une véritable Écologie des autres[2], où l’apparition des non-humains au cœur de la civilisation[3] nous permet de déceler les membranes de la respiration de nos forêts primaires entre les murs.

En Moldavie
Il faut déjà se représenter que les ourses, dans la tradition roumaine moldave n’apparaissent qu’une seule fois par an. Chaque 31 décembre, dans la vallée de Bizau, des hommes sortent vêtus de peaux d’ours pour chasser le mauvais œil.

Agglutinés en petites troupes il forme des files indiennes et dansent, tournent sur eux-mêmes, sautent et avancent au son du tambour battu par le premier homme qui fait face à la file. On dirait un commandant de l’armée napoléonienne avec son costume rouge. Il bat un tambour et porte dans ses bras une peluche d’ours et un sceptre. La tradition est paraît-il attachée aux montreurs d’ours Tziganes, aujourd’hui interdits.

L’histoire de l’humanité regorge de mythes où l’ours est symbole de force royale comme de magie puissante. La danse moldave me fascine non seulement pour son caractère excentrique[1]. Les maîtres esprits s’incarnent sous les peaux de ceux qui sursautent et dansent en rythme avec leurs gros pompons.

Mais je suis tout autant fascinée par l’intégralité du dispositif social qu’elle charrie avec elle : Quels sont ces corps qui dansent ? Qui sont les danseurs ? À quand remonte cette tradition ? Et aujourd’hui, que signifie l’entrée en ville des ours à la fin de l’année ?

La question qui motive ma recherche pourrait se poser ainsi : s’agit d’évacuer la sauvagerie du cœur de la civilisation ou de l’apprivoiser ?

Des ours et des hommes
Or, je n’arrive pas à me représenter cette réalité étrange qui est qu’au moment où je j’initie l’écriture de ce projet, mon collaborateur et ami Julien Gauthier se faisait dévorer par un Grizzly dans son sommeil, alors qu’il dormait sous sa tente, sur les bords de la rivière MacKenzie.

Tout paraît tellement irréel depuis que l’on m’a appris la nouvelle. J’apprends par exemple que son corps a été retrouvé le lendemain dans la forêt, l’ours lui ayant arraché une part du cou et l’intégralité de l’épaule.

Le travail étrange que nous menons, celui de documenter la vie de la nature semble plus que jamais absurde. Quel genre de paradoxe nourrit la création artistique ?

Cosmophanies, Mai 2019, © Little H.

Proposition

Les techniques du corps représentées sont nombreuses au sein des danses folkloriques. La gestuelle parle de nos mondes paysans qui disparaissent au profit des mondes contemporains, plus modernes, contrôlés par un homme nouveau, désormais outillé par la technologie.

Il s’agit ici d’interroger une tradition folklorique de la danse de l’ours. De la réinterpréter au sein d’un dispositif qui en révélerait le sens à nos regards devenus aveugles aux nombreuses imbrications des signes du passé à nos quotidiens comme les gestes ne sont plus portés par aucun dispositif social encore en vie. Certains mouvements que l’on trouve dans les danses folkloriques ne disent par exemple plus rien du geste initial attaché à l’accompagnement d’un dispositif technique (i.e : technique de fauche, de chasse, de ferronnerie).

Recherche par la pratique
La pièce est issue d’un long travail de recherche et de création par la pratique menée d’une part, sur la question du geste augmenté (avec les projets de recherche CoSiMa 2015, et CoMo 2016, avec l’IRCAM, puis la recherche sur le Gesture Design en 2016 entre l’IRCAM et l’ENSCI-Les Ateliers).

Elle fut d’autre part enrichie par mon travail sur l’art des grottes ornées (cf : Rock Art Rocks Me, 2016 ; Les Mains Négatives, 2017 ; puis Paléograph’, 2019[1]). Elle se prolonge d’autre part, par une recherche sur les outils numériques pour la scène augmentée (cf : des_gestes_augmentés ; 2019).

Comme il n’est jamais question pour moi de séparer la recherche de la pratique : anthropologue et chorégraphe, mon ethnographie du geste nourrit mon développement chorégraphique tout autant que les recherches de terrain alimentent les processus narratifs qui m’encouragent à écrire des pièces.

Des formes transmédiales
À partir d’une oeuvre d’archive et de documentation de certaines pratiques dansées, Cosmophanies propose l’écriture d’une pièce chorégraphique transmédiale. Faisant usage de capteurs de mouvements pour la génération d’un univers sonore, joué en temps réel par deux danseuses, l’ensemble de la pièce sera narrée et chantée en prose. Des éléments photographiques et vidéo seront projetés et manipulés par les interprètes sur scène.

Description du protocole de création

Toutes mes dernières années de recherche se fondent sur l’élaboration d’un protocole d’analyse du geste. Analyse qui peut se faire d’un geste quotidien comme d’un geste technique[1]. La recherche que je mène aujourd’hui en studio de danse ou de musique, avec des capteurs de mouvements a pour but de révéler de possibles agencements proprioceptifs. Ainsi la pièce Cosmophanies se déploie-t-elle en plusieurs phases, interdépendantes : a) D’abord un niveau documentaire, où il s’agira de documenter l’intégralité de la danse de l’ours (sous forme de reportage cinématographique, photographique et sonore), afin de l’analyser en studio de danse. b) Ensuite, selon une recherche par la pratique chorégraphique augmentée, où il s’agira d’inviter deux danseuses à me rejoindre et à observer et (re-)travailler le geste traditionnel de la danse de l’ours, de manière à le (re-)produire sous une forme nouvelle, sonore et visuelle. c) Puis à travers une pratique narrative transmédiale, tandis que je souhaite mettre en scène une proposition performative sous forme d’un agencement de textes, collage sonore poétique de photographies, de vidéo, de son, ou de danse.


[1] Cette part de la recherche sera soutenue par le réseau MovA : Motion Bank, Piece Maker, l’IRCAM (équipe ISMM) et l’ICST de l’École des Arts de Zurich.


[1] Des archives de ces projets sont disponibles sur le site de la compagnie : http://www.littleheartmovement.org


[1] Je pense notamment aux Maîtres Fous, 28’, Rouch, 1954 : « Tourné en un seul jour, le film montre les pratiques rituelles d’une secte religieuse. Les pratiquants du culte Hauka, des travailleurs des régions du Niger venus à Accra, se réunissent à l’occasion de leur grande cérémonie annuelle » (La Cinémathèque Française).


[1] Marielle Macé, dans Nos Cabanes, Verdier, 2019, parle du silence des oiseaux et fait usage de ce terme de « monde abîmé ».

[2] L’expression provient d’un dialogue entre les anthropologues Tim Ingold et Philippe Descola : Être au monde, quelle expérience commune, Erudit, 2011.

[3] Tels les décrit l’anthropologue Albert Piette, dans Humains, Non-Humains, La Découverte, 2011.


[1]Terme utilisé dans les études d’intermédialité ; la narratologie et les nouveaux médias pour décrire des phénomènes non spécifiques aux médias, c’est-à-dire non liés à un événement spécifique.

Ainsi, les récits se retrouvent non seulement dans les médias narratifs tels que la littérature ou le film,
mais dans une certaine mesure, dans lapeinture ou même la musique. Le concept fut développé par Liliane Louvel sous forme de tiers pictural, où cette dernière explique que l’image arrive toujours entre les divers mediums de représentation : « Le tiers pictural est un événement phénoménologique, un mouvement visuel produit dans l’esprit du spectateur / lecteur par le passage entre les deux médias. C’est une image virtuelle créée par le texte, une image réinventée par le lecteur ; cela ne coïncidera jamais exactement avec celui du narrateur. Le « tiers pictural» pourrait être ce « tiers » requis pour analyser un certain type de textes à fort ratio pictural. Je tire cette notion du « tiers instruit » de Michel Serres et du « troisième livre » de Jacques Derrida, qu’il évoque en écrivant à propos d’Edmond Jabès, en faisant référence au livre qui reste entre le volume entre celui-ci et celui du lecteur, l’auteur conçu. » Louvel, Le Tiers Pictural, PUR, 2016.


Sonographies

Posted: October 1st, 2019 | Author: A.D. | Filed under: ANTHROPOLOGIE — réflexions croisées sur un monde qui bouge, PERFORMANCE — théories et pratiques | Tags: , , , , , | No Comments »

© Michelle-Agnès Magalhaes

Anne Dubos (Anthropologue et artiste) et Michelle Agnes Magalhaes (compositrice) proposent un travail de création sonore, inspiré de la recherche menée sur les sentiers, les chemins et lieux de mémoire des trois parcs naturels régionaux : Monts d’Ardèche, Pilat, Chartreuse.

En interaction avec les habitants, les pèlerins, les acteurs et les publics des lieux, les artistes-chercheuses proposent l’élaboration d’une cartographie qui superpose des sons et des trajectoires.

Sur chaque lieu de résidence sera proposé un atelier de création. À partir de matériaux sonores, enregistrés au sein des trois parcs (sons d’environnements naturels, sons industriels, chants, voix parlées, sonorités d’instruments de musique, etc), le dispositif s’adaptera aux ateliers collectifs d’écoute, d’enregistrement et de composition.

À l’aide de capteurs de mouvement, le public sera invité à interagir, jouer et construire sa propre carte-performance qui sera ensuite pérennisée sous forme d’un site internet. Le site hébergera également un carnet de création qui mettra en évidence les progrès de chaque résidence.


Care at Duke’s Art Annexe

Posted: July 28th, 2019 | Author: A.D. | Filed under: ANTHROPOLOGIE — réflexions croisées sur un monde qui bouge | No Comments »

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#CARE

A one week residency for practice base research experimentation

The goal of the weeklong workshop is to generate an argumentative collection of images, maps, drawings, videos and photographs of what ‘care’ represents to the participants.
Each day participants will engage in fieldwork to collect these elements.
The collections will be accompanied by a supporting production of notes, poems, texts or any kind of annotated description of their collection fieldwork experience.
At the end of the week, everyone gets:
1. a photograph, a text, a drawing or a trans-media collection.
2. a complete text to explain the work, that integrates the day to day texts accompanying each element/item.
3. a map of his/her own process and representation of his/her own thematics.
Every evening, a collective meeting will be convened to share the items collected and discuss to further issues.

N. B. The one week workshop production will be held at Duke’s Art Annex.


About CARE

How can the idea, concept and notion of CARE be depicted?
The first part of this proposal takes the form of an intensive workshop, directly addressing representations of ‘care’.

Participants come up with a subject about various topics associated to care for them:
- Environmental care such as concern for the natural world, animals, plants or, environmental issues.
- The notion of dwelling can be approached such as how to care for one’s household. Or assisted or domestic care can also be depicted (i.e. for old people, blind or disabled people, or pediatric).
- Holistic or physical care: dance, body techniques such as yoga, martial arts, singing, sports, etc.
- Communicative care: Everyday life gestures that exhibit compassion, concern or empathetic consideration.
- Clinical or psychological care: health, newborn, hospital, clinic, mental health.
- Societal care: Public spaces such as streets, communal gardens and parks. The goal of the weeklong workshop is to generate an argumentative collection of images, maps, drawings, videos and photographs of what ‘care’ represents to the participants.

Each day participants will engage in fieldwork to collect these elements.
The collections will be accompanied by a supporting production of notes, poems, texts or any kind of annotated description of their collection fieldwork experience.
Every evening, a collective meeting will be convened to share the items collected and discuss to further issues.

Plan and timeline of the workshop

On the first morning, each participant comes with questions, images, ideas about her or his fieldwork project. The whole day is devoted to field research: what will be the location/ subject/human demographic they will focus on during the week?
The task will be the same every day: gather a collection of items that represent an idea of care. For that collection, one can chose to explore a single media, or go for a multi-media experiment that ranges from drawing to shooting videos and taking images. – what were the challenges linked to their specific selection? – how can one create a representation of the question of care? This will take the form of a short text, which could be:
- a glossary
- an index
- a poem
- a description of the protocol/technique adopted
- a creative text.

By the end of the afternoon, all the participants will gather and discuss each other’s materials:Each day, students will edit a part of their collection as it grows from one day to the next.

At the end of the week, everyone gets:
1. a photograph, a text, a drawing or a trans-media collection.
2. a map of his/her own process and representation of his/her own thematics.
3. a complete text to explain the work, that integrates the day to day texts accompanying each element/item.

NB: Fieldwork will be encouraged to take place within a manageable working perimeter of the workshop venue to enable participants to freely work back and forth.

Collection methodology during the workshop

Various collection techniques will be possible to pursue:

1) The daily photograph protocol

Take this particular week of your life as an intensive photography week (this could be in video format or blind picture experiment).
Explore the way you look at things. Collect as many impressions as you can.
Test as many things as possible and come and share your collection with others at the evening appointment.

2) The drawing protocol

This experiment will work very effectively with drawings. Try out many different drawing techniques from charcaol to ink.

Draw only single parts or details that make sense to the participant’s understanding of the concept.

Consider drawing as an act of caring.

3) The blind picture protocol

A blind picture is an image memory process.
A person creates an image in his/her mental eye. It is a mental image to share.
To manifest the image’s actual existence, it is has to be documented on paper through the act of a written description.
Once a day, sit somewhere. Observe a situation.
Frame it.
Write it.
Describe it exactly as it would be if you were taking a photograph.
Write every single detail appearing in the frame of your mental eye. At the collective evening meeting, one has to share his blind picture with another who will re-write it.
Compare the two versions of the texts. What has changed?
Talk about your images. Compare them.
Find a form on which you both agree to be a proper version of the blind picture.
Each day collect the 3 versions of the blind pictures.
Take notes on the protocol/technique(s) applied, and how it relates to your difficulty or enjoyment.

4) The mapping protocol

During the workshop, the full experiment is documented in the shape of a mind map.
What are the relationships between places, people, actions, intentions, ideas…?
How do you represent various types of ontologies? (i.e. the ways tings are, become, transform).
The mind map can integrate images, photographs and drawings. It can be colored or black and white.
It can evolve by simple expansion or through layering.

selfportrait, Chennai, 2008

About the artist

Anne Dubos is an anthropologist and a transmedia artist. Her research focuses on both fundamental objects (such as Indian aesthetics, cognition, praxeology) and the design of experimental devices for theatre and dance. Since 2005, Anne Dubos traces the study of the history of Indian theatres and highlights the variety of techniques of the body of the actor. In search of new paradigms, she questions today the emergence of new theories on perception of movement and cognition. She founded the company Little Heart Movement, in which dancers, actors, digital artists, engineers, computer scientists, singers, musicians, anthropologists, geographers, architects, psychologists and (bio) mechanics collaborate. In Paris as well as in India, she organizes interdisciplinary workshops where each actor is invited to improvise within a recording device, both as author and as an interpreter of the trace that it forms with its body within the common space of a collective framework narrative.


Urban Delta Scapes

Posted: June 6th, 2019 | Author: A.D. | Filed under: ANTHROPOLOGIE — réflexions croisées sur un monde qui bouge | No Comments »

Focused on motion design and specifically on motion capture and its use in sound activation and animation, the collaboration between Stereolux and CINETic is aimed at bringing together French and Romanian experts, artists and researchers in these fields, for exchange of expertise and possible creation of collaborative artistic products.
 
Occasioned by the Romania-France Cultural Season, our institutions come together to facilitate the mobility of information, expertise and, of course, people from intersectional fields that bring technology and the arts under the same sphere of creative enterprise.
 
Envisioned as a series of meetings, residencies and workshops, the collaboration will showcase the end-products of the work done within the Season in May 2019, during the Animation Worksheep Special Session that will be organized in Bucharest and hosted at CINETic, as the first institution of its kind focusing its activities, programs and research on the interaction between new technologies and the arts.

The French artist (Anne Dubos, choreographer and anthropologist) and a researcher from IAS Nantes, will give a talk to present the work of the community of international artists and researchers working on gesture and movement they contribute to create.

at CINETIC, 2nd of June 2019
Str Tudor Arghezi 3B, Sect 2, București

‘Urban Delta Scapes’ is a multimedia performance in which the sounds and images from the Văcărești Delta interact with live music, animated visuals and a choreographic act of gestures and movement.

The Delta is for us, an inspiration for a creative collective composed of motion graphic designers, musicians, dancers and researchers. It is also a way of narrating an absolute victory of the nature over the city.


MovA – the Movement Analysis Network

Posted: April 28th, 2019 | Author: A.D. | Filed under: ANTHROPOLOGIE — réflexions croisées sur un monde qui bouge | No Comments »

Mova_Lab_Days

About

The Movement Analysis Network ‘movA’ is a a space for reflection about research in/about moving, gesture, bodies and culture. The members come from diverse backgrounds, that include art, science, design and scholarship about the body in action. Mainly focused on stage- and interaction-based movements for artistic and design development, the group discusses fundamental issues of knowledge production, methodology, and research strategy. As a think-tank rather than a research group, movA exists as a floating platform with varying participation, locations and working methods.
https://www.mova.one

Meetings

Analyising Movement Workshop 2017, Kienberg, Switzerland, 8. – 11. September 2017
https://www.mova.one/kienberg_meeting.html
This meeting was held as a retreat at the Kulturhaus Kienberg, in a small village in the Jura mountains near Basel. See also Gesture Design webpage : http://gesturedesign.ircam.fr/analysing-movement-workshop/

Analyising Movement Workshop 2018, Paris, IRCAM, 26. – 27. March 2018https://www.mova.one/paris_meeting.html This meeting was held in the heart of Paris at IRCAM.

movA Workshop 2019, Nantes, Stereolux, 15./17. April 2019
https://www.mova.one/nantes_meeting.html This meeting will be held at Stereolux Art & Research Center in Nantes.

15-17 April 2019 at Stereolux Nantes
Organized by Anne Dubos, Little Heart Movement

The 2019 workshop will again be a meeting of a group of researchers and artists collaborating on the topic of movement analysis/interpretation using technological and conceptual approaches.

The venue Stereolux is hosting us in the “Laboratoire Arts et Technologies” https://www.stereolux.org/labo-arts-techs/presentation
More information as it becomes available.

The LAB DAYS of the Movement Analysis Network
Les “lab-days” vont réunir un groupe de chercheurs et d’artistes internationaux autour de la question de l’analyse du mouvement en danse comme en musique. Comment archiver des techniques du corps, des partitions ou des chorégraphies ? Qu’apporte à l’art, le corps augmenté par la technologie ? Comment transmettre des créations à travers l’usage d’interfaces technologiques ?

L’objectif est d’explorer ensemble des concepts, des méthodes et d’évaluer comme générer de nouveaux outils pour des dispositifs transmédia.

Une nuit en MICRO
À la fin de ces trois jours d’exploration collective, MovA (Movement Analysis Network) offre au public nantais de se réunir en Micro pour assister à une nuit de conférences-performances.

Au programme:
- un concert de Benjamin M. (IRCAM, Paris), http://b-ma.fr
– une expérimentation poétique visuelle et sonore, Jasch and Daniel Bisig (Suisse), https://www.jasch.ch
– une session de Live Coding, par Jules Françoise et Sarah Fdii-Alaoui : http://saralaoui.com
– un dialogue entre divers chercheurs du groupe pour une explication du contexte général des pratiques, avec David Ritterhaus, Motion Bank, http://motionbank.org, Grigore Burloiu, Frédéric Bevilacqua et Anne Dubos.
https://www.stereolux.org/blog/collaborations-en-mouvement-avec-la-roumanie
- une performance dansée par la compagnie Little Heart Movement : des_gestes_augmentés
– un jeu collobaratif augmenté sonore par Michelle-Agnès Magalhaes : https://www.michelleagnes.net
& Frédéric Bevilaqua de l’Ircam : http://frederic-bevilacqua.net
#littleheartmovement #ICST #ZHdK #Motionbank #Mova #IRCAM

mots clés : danse, musique, mouvement, son, captation, machine learning.


Paléograph’ 2019

Posted: March 21st, 2019 | Author: A.D. | Filed under: ANTHROPOLOGIE — réflexions croisées sur un monde qui bouge | No Comments »

Description de l’œuvre

Nous sommes à la recherche de quelque chose de primitif, d’une mémoire antérieure à notre naissance, d’une évidence que chacun de nous porte en lui, d’un patrimoine qui vit et se transforme à travers les âges — les gestes des premiers hommes.

Anciennes de près de 30 000 ans, les peintures et gravures des grottes de Saulges disent quelque chose de notre humanité. Mais comment étaient-elles tracées, et quelle pouvait-être leur fonction ?

Aux frontières de la recherche entre arts, sciences et technologie, l’œuvre Paleograph’ invite à la découverte de l’art pariétal.

En 2019, l’œuvre propose une expérience de réalité virtuelle mettant en scène le corps du visiteur dans un espace où il n’est plus simple spectateur mais se trouve immergé dans un univers qu’il façonne à chacun de ses gestes.

En 2020, l’œuvre évolue pour proposer un écran interactif permettant au spectateur d’explorer de nouvelles scènes avec des représentations de l’art paléolithique aux œuvres contemporaines.

la chouette

Historique de l’œuvre

Paleograph’ est le fruit d’une recherche expérimentale, tant scientifique qu’artistique, menée par la compagnie Little Heart Movement depuis 2015.

Différentes disciplines s’y rencontrent : anthropologie, chorégraphie, graffiti, performance, ingénierie, arts numériques, photographie et musique.

La pièce prit tout d’abord la forme d’une recherche chorégraphique, Rock Art Rocks Me, sponsorisée par Stereolux et la ville de Nantes, avant d’être invitée au Centre Barbara Fleury Goutte d’Or à Paris, puis à la Haute École des Arts de Zurich (ZHdK).

Le processus itératif s’implante aujourd’hui au musée des Grottes de Saulges pour inviter le public à une rencontre sensorielle avec l’art pariétal.

La traduction de ces œuvres ancestrales par l’intermédiaire des arts numériques renouvelle la découverte des images et des gestes de nos ancêtres.

Immersive Lab ZHdK

Déroulé de l’expérience

Au moment où vous mettez le casque, vous vous retrouvez dans un espace vide, qui ressemble étrangement à la salle du musée où vous étiez tout à l’heure. Elle en a les mêmes proportions et pourtant, les fenêtres ont disparu.

Une main négative apparaît. Lorsque vous la touchez, vous pénétrez dans un autre espace, celui de la grotte.

Vous êtes à présent dans la grotte. Observez ses cavités, déplacez-vous et laissez-vous surprendre par ses sonorités.

Un écran s’offre à vous. Grâce aux gestes de vos mains, vous êtes invité à réaliser une grande fresque de peinture lumineuse.

Le toucher vous permet ensuite de faire apparaître des peintures. Un ours, un poisson, un mammouth, un cheval… Quelles seront les formes dissimulées que vos gestes feront apparaître ?

Une fois les formes animales découvertes, l’espace se transforme à nouveau. Au-dessus de votre tête, le ciel étoilé. Face à vous, un mobile à taille humaine. Son mouvement rappelle étrangement celui d’un manège. Le toucher de chaque cheval vous permet de composer un jeu musical.

La scène finit par disparaître pour vous ramener dans la salle initiale.

Détails sur l’installation

L’oeuvre Paléograph’ se compose de cinq éléments :

L’Effet Calder
Anne Dubos & Jasch
Mobile : impression 3D, tiges d’acier, fil de pêche, ventilateur USB.
Impression 3D à partir des relevés archéologiques de Romain Pigeaud (grottes de Saulges). Le mobile s’inspire de l’œuvre d’Alexander Calder.

Résonances
Jasch & Anne Dubos
Paysages sonores : Enregistrements environnementaux, voix, instruments, composition multicanal.

D’après plusieurs collectes d’ambiances sonores locales (forêt de Mayenne, grotte Margaux, rives de l’Erve) les artistes ont conçu l’œuvre en résonance à l’expérience immersive. Les sons de Résonances répondent à ceux de Paléograph’

Paléograph’
Compagnie Little Heart Movement
Installation pour casque de réalité virtuelle : HTC vive, leap motion, unity, max MSP, photographie, photogrammétrie, dessin, graphisme interactif.

#Traces 1, 2, 3
Vincent Dubos
Peinture : acrylique et bombe aérosol sur toile. 260 cm X 200 cm, 250 cm x 200 cm, 250 cm x 200 cm.

The Mirror of Gesture
Compagnie Little Heart Movement
Vidéo : écran TFT, raspberrypi
Vincent est artiste peintre. Depuis près de 30 ans, il pratique l’art du graffiti. Il a été invité au sein de l’installation Paléograph’ à réaliser une performance plastique, documentée et restituée sous forme de vidéo. Telle une manifestation contemporaine de l’art pariétal, The Mirror of Gesture permet d’envisager le geste de peinture comme un art vivant.

Paléograph’ – 2019
une installation immersive de la compagnie Little Heart Movement
* Œuvre de commande pour le musée de Préhistoire & Grottes de Saulges,
équipement patrimonial de la Communauté de Communes des Coëvrons, avec le soutien de la région des Pays de la Loire.

Crédits

Artiste auteur : Anne Dubos
Images virtuelles et technologie : Anne Dubos & Jasch
Musique : Jasch & Anne Dubos
Peinture : Vincent Dubos
Lumière : Emmanuel Valette
Scénographie : Floriane Pic
Code et développement logiciel : Jasch & Lisa Izzouzi
Direction artistique : Anne Dubos
Direction technique : Jan Schacher
Conseil : Yves Labbas & Walter Paice
Relevés Archéologiques : L’Abbé Breuil & Romain Pigeaud
Photogrammétrie : Hervé Paitier, Passé Simple, Anagram
Remerciements du cœur : Judith Guez, Jean-François Jégo, Naun, Martin Lambert, Boris Letessier, toute l’équipe Rock Art Rocks Me et la ville de Nantes.
Production : Little Heart Movement


Des Gestes Augmentés

Posted: April 26th, 2018 | Author: A.D. | Filed under: ANTHROPOLOGIE — réflexions croisées sur un monde qui bouge, PERFORMANCE — théories et pratiques | 1 Comment »

Certains algorithmes permettent la prédiction et la transformation de pratiques de tous types (conduite automobile, traffic usager, achat en ligne). L’usage des technologie permet également d’observer l’évolution de pratiques sous forme de motifs (au sens de patterns : Bateson, 1983).
Tandis que les appareils mobiles intègrent aujourd’hui de puissantes capacités de détection de mouvement (accéléromètres, gyroscope, boussoles), de plus larges spectres d’utilisations que ceux proposés et programmés par l’industrie (Prévieux, 2006) pourraient être imaginés, conçus et mis en œuvre.
L’objectif des gestes augmentés est de repousser les limites de la réflexion actuelle sur la technologie informatique des objets connectés, des smartphones au ‘cloud computing’. Cela comprend l’expérimentation de divers types d’interactions homme-machine et la conception de nouveaux gestes et mouvements (Dubos et al., 2017).
Composé d’ateliers de recherche expérimentale, fondé sur une pratique trans-disciplinaire, le projet regroupe plusieurs partenaires dont : Hortense Kack, danseuse de la compagnie Little Heart Movement, Frédéric Bevilacqua, directeur de l’ISMM de l’IRCAM à Paris et Jan Schacher chercheur à la Haute Ecole des Arts de Zurich.
Lors de ma présentation au CRESSON, le 3 Mai prochain, je vais aborder deux notions : celle soundscape (Schafer, 1969) et celle de performance augmentée. Comment imaginer « jouer » des soundscapes à partir de la technologie mobile ? ou comment les dispositifs technologiques envisagés à l’échelle urbaine peuvent-ils donner accès à de nouveaux types d’espaces re-médiés (Schnell, 2013)
Pour ce qui est de la relation à l’anthropologie des techniques du corps (Mauss, 1934), il s’agit de chercher une manière de se jouer (Hamayon, 2012) de la technologie ; la génération de nouveaux gestes permettant de découvrir les dispositifs, à loeuvre dans larchitecture des corps et des espaces contemporains (Agamben, 2007).

Hortense Kack, Little Heart Movement, Des Gestes Augmentés - 2018 - Crédit photo : Emmanuel Valette

Hortense Kack, Little Heart Movement, Des Gestes Augmentés - 2018 Crédit photo : Emmanuel Valette

Soundfield - Jan Schacher & Anne Dubos - 2018


LEMO.N – Learning by Moving

Posted: April 12th, 2018 | Author: A.D. | Filed under: ANTHROPOLOGIE — réflexions croisées sur un monde qui bouge | No Comments »

Résumé

The goal of LEMO.N (learning by moving network) is to build shared interdisciplinary knowledge on body movement and its interaction with various technologies. From a series of workshops performed in collaboration with CRI, it will challenge the limits of the current thinking on gesture design and computer technology for smart objects.This knowledge will be gathered on the form of a website, and possible future resources, that will be useful for CRI researchers and students and to foster future collaborations and events (such as workshops, gamejams, lab-days, hackathons, etc). LEMO.N’s aim is to experiment with various types of human-machine interactions and to design new kinds of gestures for digital apparatus, from smartphones to cloud computing.

Background

While mobile devices now incorporate powerful motion detection capabilities (accelerometers, gyroscopes, compasses), a broader spectrum of uses than those proposed and programmed by tech-industries could be imagined, designed and implemented (Dubos et al., 2017).Since the past two years, I have been working on the question of gesture design and augmented gestures in a large networks (CRI / IRCAM / ENSCI-Les Ateliers / IIT Bombay / Maker’s Asylum Bombay).Shared methodologies for designing and sharing gestures are generally lacking, because this requires a transdisciplinary approach. To collect and assemble a database on learning by moving and gesture design will enable new models of thinking, teaching and researching. Hypothesis The anthropology of gesture and the analysis of body techniques provides us with a strong basis for conceiving augmented gestures. But how to generate new kinds of collective knowledge augmented by technology ? And how to generate new gestures, discover new fittings for smart devices ? My research question looks for a way to document research on learning by moving.

Methods

The aim of the LEMO.N project is to edit, label and implement resources in order to create an open repository of materials for interdisciplinary research.It will be articulated in 4 phases:1. Analyzing existing material gathered during recent workshops,2. Design indexes and mind maps,3. design a website for multimedia resources,4. Disseminate the gathered information through articles and workshops and lab-days. Impact LEMO.N will bring together people working in various disciplines and research activities. It will enhance the emerging scientific field on movement and computing. It will further expand it, linking it with various fields such as education, pedagogy, health care and wellbeing, as well as  human and social sciences.It will provide a common resource platform for researchers, designers, engineers and students who would need to develop projects on movements, such as gesture-based interactive systems.By focusing on possible differences in cultures and contexts, LEMO.N might affect the appropriation of shared gestural interaction paradigms. A website will document all the workshops, technologies, improvements, contributions and possibilities done in gesture design. Two publications are planned. New research and pedagogical projects will profit from these resources. This growing network will impact both: researchers and students in this new field.

Keywords

learning, transdisciplinarity, technology, innovation, education

LEMO.N on Youtube : https://www.youtube.com/playlist?list=PLFE1Wly_7OM__1EYaaPbD_-DDqTNh2w2l


La Gestothèque

Posted: March 7th, 2018 | Author: A.D. | Filed under: ANTHROPOLOGIE — réflexions croisées sur un monde qui bouge | No Comments »

La_Gestotheque_carte_du_MOOC

Les archives du geste interrogent autant les techniques du corps que l’usage des technologies.Elles tendent à démontrer que les gestes ne sont pas de l’ordre du langage. De la trace des mains négatives sur la paroi des grottes ornées à la technique gestuelle des théâtres indiens, jusqu’aux usages de la technologie mobile, la question de l’enregistrement du geste et de sa passation sera ici explorée : qu’est-ce qu’un geste ? Et comment le connaître, le décrire ou le définir ?

Situé à la jonction de l’apparition du phénomène, de la mémoire, de la connaissance et de l’image, le geste est témoin d’une intention. Ma recherche tend à formaliser la vie des gestes. À travers le projet de La Gestothèque, je me propose d’étudier la notion de dispositif comme cadre conceptuel de la recherche, au sein d’un espace-temps que je nomme « tiers gestural ».

La Gestothèque est avant tout un outil conceptuel. Son élaboration correspond à la volonté de cartographier un domaine en émergence, qui s’étend de l’analyse des techniques du corps à leur pratique, par un panel d’experts variants de danseurs, chanteurs, compositeurs, physiciens, anthropologues, ethnologues, sociologues, technologues, ingénieurs, biomécaniciens, etc.

Elle se compoe de plusieurs branches d’activités :
- un cours, donné à l’ENSCI-Les ateliers, dans le cadre du dispositif Phénorama
- un séminaire de recherche : https://blog.ensci.com/phenorama/seminaire-de-recherche/
- des journées d’études : “Les journées du geste” dont deux éditions ont déjà été reçues à Stereolux, à Nantes
En 2017 : https://www.stereolux.org/agenda/journees-du-geste-20
En 2014 : https://www.stereolux.org/blog/journees-d-etude-sur-le-geste-main-mouvement-et-emotion
- un MOOC (Massive Open Online Course), produit par la Mooc Factory, du CRI
- un cours, dans le Master AIMove, aux Mines Paris-Tech : http://aimove.eu
- des résidences de recherche, accompagnées par Le Labo de Stereolux, l’INREV de l’Université de Paris 8, ou l’IRCAM

Ce travail s’accompagne également de l’enregistrement de catalogue de gestes techniques sous plusieurs formes et supports (motion capture, tracking, photographie, croquis, vidéo, etc.).


Les Mains Négatives

Posted: January 8th, 2018 | Author: A.D. | Filed under: ANTHROPOLOGIE — réflexions croisées sur un monde qui bouge | Comments Off

“Toi, qui as un nom,
toi qui es doué d’identité,
je t’aime d’un amour indéfini.

Depuis 30 000 ans,je crie,
devant la mer, le spectre blanc.

Je suis celui qui criait qu’il t’aimait, toi.”

Marguerite Duras, 1978.

Les mains négatives apparaissent sur les parois des grottes préhistoriques, elles sont vivantes dans la culture aborigène et figurent également de manière transposée dans les graffitis et les arts numériques.

Dans l’espace médiatique interactif de l’Immersive Lab(ZHdK : http://immersivelab.zhdk.ch), le geste de peinture est réinterprété telle une expérience vive. Le visiteur est invité à vivre une expérience de peinture synthétique.

Telle une iconologie fluide, écho à la méthode de l’Atlas Mnémosyne d’Aby Warburg, les actions exploratoires des artistes-chercheurs comme du public engendrent une re-médiation du statut comme des matières de l’archive.

Dans un processus cyclique d’investigation, d’interprétation et de construction, les différents matériaux migrent entre le numérique et le physique. Comment un dispositif technologique peut-il manifester la performance d’un geste vieux de 40 000 ans à travers un processus iconologique?

La configuration interactive et immersive du dispositif permet une nouvelle mise en matière des objets archivés.
Générant la fluidité entre les matériaux et les interactions homme-machine permettent à des structures complexes de devenir visibles et accessibles.

Cette mise en œuvre génère un objet artistique dont la base première est la production de connaissances à travers l’expérience.

Les Mains Negatives

Anne Dubos & Jasch, Immersive Lab, ZHdK, Zurich.

Les Mains Negatives

The Negative Hands

The exploratory research project ‘Les Mains Négatives’ serves as an experimental apparatus for observation and analysis of gestures in relation to a poetic agency made out of images and sounds. It thus becomes both a carrier and a witness to the traces of a cosmography.

The negative hands appear on prehistoric cave-walls, they are alive in aboriginal culture, and also figure in a transposed manner in graffiti and digital arts. Within the interactive media-space of the Immersive Lab the painting gesture is re-performed as a living experience. Visitors are exposed to an archive, which is manifested in the digital forms of a fluid iconology. The apparatus enables complex structures to become visible and accessible to the interpretation through gesture interaction.

As an echo to Aby Warburg’s ‘Mnemosyne’, the exploratory actions of the artist-researchers and the public, engender a re-mediation of the archives. In a cyclical process of investigation, interpretation, and construction, the various materials migrate between the digital and the physical bodies. How can a technological apparatus manifest the performance of a gesture that is 40’000 years old, through an iconological process?

Within the interactive and immersive configuration of the apparatus, the ontological state of the archives is augmented with an altered epistemic plane. The materiality of the archived objects, as well as the fluidity provided by the interactions contribute to the performance of meaning. This ‘mise-en-oeuvre’ generates an artistic object, whose primary basis is knowledge production through aesthetic experience.

Two artists in dialogue

1. How do we work ?

A: It is about a work in process together and it is a conversation between art and media and science and methodology and tools…

J: Layers…

A: And the question is « what does it mean to be human ? »I am an anthropologist (technically speaking) because it is a training, but I am also an artist working with visual arts, and I met Jan

J: at MOCO last year (in 2016). And she was showing a piece she was working on with rock art painting, with cave paintings and I was very intrigued about the kind of memory space that opens…

A: I was showing a work about I called Rock Art Rocks Me. This project questions the archive. How to bring movement to the archive ? In a Museum for example, when you visit a rock art museum  rock art paintings are exhibited, you actually see paintings, but where is the movement ? The cave is not a painting museum. The painting is made out of a gesture and the gesture is made out of a painting. And moreover, the painting is an environment art practice : is also linked to the soundscape of the cave.

The painting is also linked to the body of the people, through skin painting techniques. And we and know how Aborigenal people, in Australia, used to paint their own bodies.

Talking with specialists, I discovered they actually share their dreams through the painting. And the painting expresses a pattern, the movement of the universe. The painting is a dance, it is a song. And the ritual is an expression of sharing. The paintings are traces for these rituals.

I began the Rock Art project watching a book about the Chauvet’s Cave. It is incredible to see the density of a painting which is 36 000 years old.

If one looks at the satellites today, they are 36 000 km away. This project is just searching in the space in between the time of history and the time of new technology to come.

In that terms I am questionning the techno digital tools and their use. From cave painting techniques in the caves to immersive apparatus (also called caves).

J: We were really exploring the ideas about how to bring the cave into this, and it was really about an exploration, not about a piece. We, of course, have to cut it down into pieces manageable to put in the box. So we shared lots of ideas and then we made modules. We made 7 modules.

A: We will show you 6 of them ; one is still something like an idea ; we need to explore it before we show it, even if I think it is one of the most interesting … The principal idea to collect images and sounds and generate atmospheres. This piece is all about modularity and possible interaction with our environments : how your movement in space will provide sorts of answers. And for example, the combination of the poeple, in the space give you another access to another module. So the piece is in itself, a non-achievement. It is always singular, depending the the public movement, actions and interactions.

We daily worked on the description of the process and I can show you here one pattern we imagined for a possible path through the different modules. There may be different ways of passing through the modules, from sound listening to touching the screen, the perceptive space is commited to en exploratory space.

2. In the immersive Space

A: Our idea was to layer things, and play on the various apparitions of figures. We question how to look at things and for the first scene, we wanted to start with the observation of some very fine details of the stone.

There is an hypothesis saying that rock art painters used to work with the surface of the stone to trace some animal figures. Looking at the wall, on the first scene, I could see appearing a turtle face ; What I tried to express is that, we are just facing our own mindsets. We project our realities. Our thoughts make our environments.

The digital apparatus allows to exemplify it : for example, when you touch the wall, your hand can actually make the wall move, all around you. So the idea of the interaction would be moving it around ; and underneath you discover the green wall, which is a graffiti wall. So the first texture of the wall becomes such as a curtains:  it goes and let you get into another space, which is another kind of a mountain ; another kind of a wall.

And here the sound of water let us experience the feeling of gravity ; the falling of the water, the fall of the painting and the texture on the frame. We plan to code drippings dots, as a gesture of painting, while touching the screen. Then the atmosphere changes again ; in color. It becomes blue ; here you hear the same sounds but still the same sounds.

D: That sounds like your voices ?

A: Yes. They are.

3. About hands and their movements

About the hands here, it is a reference to rock art painting. When you travel into a painted cave, the first thing you see is a hand print, on the wall of the cave.The hand warns you that you are entering in a new space. It is a space where you see and hear something. Where you receive something .

These hands we chose come from the Archives of Aby Warburg’s, a famous art historian, researching the relationship between images and gestures. He went to visit the Hopi Indians, on the Mesa, just like the anthropologists at the end of the 19th Century.

There he took some famous photographs, and documented the traditional snake dance. In the Hopi Indian tradition, there is a moment of the year when the snake dance happens as a community ritual. Some desert snakes are carried in the mouth by the snake dancers and then, released to the desert, for the be the messengers, to bring the communitiy wishes to the Gods. Warburg described the snake dance, nowadays disappeared.

The hands here are to be seen as an identity sign of our humanity. They are talking about borders and migration. The visitor can migrate the hands from one side to the other of the screen.

And the movement of the hands, on the screen, later take you to a changing space. One can start travelling with the hands, as they are following the movement of the visitor.

Moving the hands leads you to another space ; another denkraum. Entering to that module of the installation, leads you to paint yourself. The interaction allows you to create sound and paint.

J: And then, because we play with the cave memory and your action, so here we are in the cave again. So when all the animals are here, you get to go to the next level

A: and here we have different time patterns of lightening. For now we are using images of Aborigenal paintings. I would not like to keep them in the final version of the installation, I would like to be inspired by them and create our new paintings to come in a discussion with the aborigenal ones.

I want to exchange these paintings to instaure a link, historically in rock art.

4. On sounds and voices

A: About the sound in the cave, there is a study lead by Iegor Reznikoff that shows that most of the paintings are traced on the most resonating walls of the cave. And finally we are reaching to the last scene where we have a collection of hands.

There is a tradition of martial art in South India named kalarippayattu. The guru, the master, gives vaicari (orders) to his student and one of the voice command is : « look at the other in front of you ». But at this precise moment of the training, there is no one in front of the apprentice; he simply keeps his palm in front of his face.

I questionned my master in Trivandrum (Kerala), about this fact, and he explained me that the palm is the mirror : the mirror of the soul. So that the guru’s order means : « look at yourself in the mirror of your hand ». It thing here it is interesting to look at the immersive space, as an experimental mirror for the gesture, eyes and hands.

Les Mains Négatives at NIFF 2019 : https://www.nifff.ch/fr/2019/05/21/nifff_extended_2019/